HISTOIRE DE BENIFONTAINE *

                                 

1.      Les origines de Bénifontaine

a.         La toponymie de Bénifontaine

b.        L’armorial de Bénifontaine

2.      Seigneurs et seigneurie

a.         La seigneurie

b.        La justice

c.         La religion

d.        Le marais

3.      Bénifontaine de guerres en guerres

a.         Les croisades

b.        Guerre avec la Flandre

c.         La guerre de Trente ans

d.        La guerre de succession d’Espagne

e.         La Restauration

4.      La physionomie du village

a.         Le débat : Bénifontaine - Hulluch : un seul et même village ?

b.        « Vivre à Bénifontaine » au XVIIIème siècle

5.      La Première Guerre Mondiale et ses lendemains

a.         L’occupation allemande

b.        L’état des lieux

c.         Vers une reconstruction

6.      Une commune dynamique

a.         La fosse 13 bis

b.        Un milieu naturel et physique

c.         Le paysage

d.        Un espace boisé

e.         Les équipements

f.          Une commune jumelée : Dudswell

 

1.    Les origines de Bénifontaine

 

a.      La toponymie de Bénifontaine

 

Par son aspect, Bénifontaine semble ne faire q’une commune avec Hulluch. Ce petit village situé à l’est de la chaussée de Lens à La Bassée, prés du marais  que traverse le canal de la Deûle, doit, sinon son origine, du moins son nom à une fontaine sacrée. C’est vers le milieu du XIIème siècle qu’il est pour la première fois question de Bénifontaine : par bulles de 1145 et de 1152, le pape Eugène 2 confirme, entre autres biens, l’autel de Bénifontaine à l’abbaye de Maroeuil. Mais ce n’est qu’en 1183 que nous trouvons inscrit pour la première fois, dans le cartulaire de l’abbaye de Maroeuil, le nom de la commune sous l’appellation de « Bonifontana ». Nous trouvons ainsi inscrit la commune sous diverses appellations :

·           Bonifontana vers 1140

·           Bonefontaine en 1145

·           Bona fontana en 1183 (cartulaire de Maroeuil, première inscription connue)

·           Bonifons en 1210

·           Bonifontaine en 1213

·           Bounisfontaine en 1260

·           Bonus fons en 1226

·           Bounifontaine en 1325

·           Bonefontaines en 1430

·           Beniffontaines en 1436

·           Begnefontaines en 1489

·           Bény-fontauine en 1720

·           Bénifontaine : commune de Lens-est « Bonne fontaine »

 

b.      L’armorial de Bénifontaine

Blason de Bénifontaine

 

Pascale Bréemersh et Jean-Yves Léopold, Armorial du Pas-de-Calais, 1996, Archives départementales de Dainville (Côte B 5209/2)

 

 

 

 

 

 

 

 

La commune tint à rappeler dans son blason certains de ses anciens seigneurs : l’abbaye Saint-Christophe de Phalempin – dont les armes étaient d’or à un aigle de sable à deux têtes – et Gautier de Bénifontaine qui, au XIIIème siècle, possédait un écu au croissant dont on ignore les émaux.

 

2.    Seigneurs et seigneuries

 

a.      La seigneurie

 

On pourrait supposer que le territoire de Bénifontaine dépendit partiellement du pays de l’Escrebieux et du Carembaut. La commune fit toutefois partie à la fois des seigneuries des abbayes de Phalempin et de Maroeuil. La seigneurie de Bénifontaine fut anciennement divisée en trois parties. La première appartenait à l’Abbaye d’Annay, la seconde à l’abbaye Saint-Vaast et la troisième fut la seigneurie de Lanion. A la lecture du Vingtième, rôle de la commune de 1759, nous pouvons découvrir le découpage partiel du territoire par rapport aux différents propriétaires. Ainsi nous apprenons que : « Le terroir de Bénifontaine seras divisé en huit cantons sans y comprendre les marais qu’il fera déclaré à la fin de la présente déclaration. ».

 

b.      La justice

 

La justice de Bénifontaine se rendait en salle abbatiale de Saint-Vaast et l’appel était porté au conseil municipal d’Artois. Mais en ce qui concernait la seigneurie de Phalempin, du moins anciennement, c’était ce monastère qui connaissait des causes. L’abbaye de Saint-Vaast possédait à Annoeullin toute justice haute, moyenne et basse.

 

c.       La religion

 

L’église de Wingles, dont la première mention se lit dans une bulle de 1145, avait autrefois pour annexe Bénifontaine, qui est annexée à Hulluch depuis 1807. Bénifontaine, en 1789, faisait partie du baillage de Lens et suivait la coutume d’Artois. Son église, diocèse d’Arras, doyenné de Lens, secours de Wingles était placée sous le vocable de l’Assomption et non de la Nativité de la Vierge comme on pourrait le penser.

L’église de Bénifontaine désaffectée en 1802, datait de la fin du XVème siècle. Elle fut abandonnée pendant la Révolution. Après sa vente, en 1802, elle fut démolie et il ne reste plus que l’ancienne chapelle du cimetière, dédiée à Saint-Druon.

 

d.      Le marais

 

Les habitants de Bénifontaine extrayaient de la tourbe (charbon formé de végétaux imparfaitement décomposés) des marais sous les eaux ; d’autres enlevaient les herbes, les mourons d’eau et les vases qu’ils transportaient sur les champs pour servir à la fois de fumure et d’aménagement (engrais) ; d’autres s’occupaient de la pêche, dans la partie basse qui restait toujours inondée et qui servait d’écoulement aux eaux de sources de Bénifontaine et de Wingles.

Les eaux du marias avaient leur écoulement naturel dans la Deûle qui passait à l’extrémité du territoire de Wingles, se dirigeant vers Berclau. Le redressement de la rivière, l’aménagement furent faits sous les ordres de Vauban, en même temps qu’il créa l’étang artificiel sous le nom de « flot de Wingles ».

Les marais de Bénifontaine, longtemps à l’usage des habitants, qui les employaient surtout en pâturages et en tourbières, furent affermés ensuite.

                       

3.    Bénifontaine de guerres en guerres

 

a.      Les croisades

 

Il n’est pas interdit de penser que certains seigneurs de Bénifontaine participèrent aux croisades.

 

b.      Guerre avec la Flandre

 

Bénifontaine fut aussi bien éprouvé dans les guerres qui suivirent notamment dans les années 1340 et 1382. Ces malheurs avaient totalement ruiné et détruit Bénifontaine ; aussi la plupart de ses habitants épargnés, ne s’y croyant plus en sûreté, l’avaient-ils abandonné. En effet, en 1414, le village ne comptait plus que 16 feux (le coefficient étant de 5 âmes par feu) c’est-à-dire à peine 93 habitants peuplaient Bénifontaine.

Les guerres qui suivirent plongèrent Bénifontaine dans la plus profonde misère ; aussi ce village passait-il pour le plus pauvre de l’Artois.

 

c.       La guerre de Trente ans

 

Bénifontaine dut à sa position d’être souvent traversé par les troupes en campagne. En 1642, une armée espagnole venait s’emparer de Lens. Les nombreuses batailles dans la région, ainsi que quelques sièges, provoquèrent la ruine des environs, notamment celle de Bénifontaine qui fut saccagé.

 

d.      La guerre de succession d’Espagne

 

Quand dans les années 1706 à 1712, les armées envahissent l’Artois, Meurchin et les villages environnants sont de nouveau sans cesse ravagés, pillés, incendiés.

 

e.       La Restauration

 

Deux occupations se succédèrent : la première à la suite de la déchéance de Napoléon en 1814, l’autre après la bataille de Waterloo. Les villes de Lens et de Béthune qui s’étaient montrées favorables aux Bourbons ne furent pas occupées. A Wingles et Bénifontaine, il y eut un contingent de casaques. L’occupation prit fin le 30 novembre 1818, au bout de trois ans.

Après cette époque et jusqu’à la première guerre mondiale, nous ne disposons d’aucune source relatant les événements qui on pu se produire dans le commune.

 

4.    La physionomie du village

 

a.      Le débat : Bénifontaine - Hulluch : un seul et même village ?

 

Dès la première moitié du XIX ème siècle, un projet de réunion entre le village de Bénifontaine et celui d’Hulluch est mis en proposition. Débute dès lors débats et discussions où chacun des deux protagonistes défendent leur point de vue. Il semble, à travers différents documents, que Bénifontaine n’ait été pas totalement convaincu de la nécessité et du bienfait d’un tel projet. Hulluch, lui, aurait approuvé plus ou moins la proposition, la considérant plutôt comme une opportunité pour la commune.

En somme, après maints débats, il apparaît qu’aucune réunion entre les deux villages ne se soit réalisée. Cependant, le projet redevient d’actualité vars 1840, puis encore en 1942. Le projet fut abandonné dans les deux cas.

b.      « Vivre à Bénifontaine » au XVIIIème siècle

 

La nourriture était le principal problème. Envolée du prix du pain (« le bled »), mauvaises récoltes, ont engendrées bien plus d’une difficulté pour les familles des manœuvriers, brassiers, journaliers.

 

Un autre point important est la contribution civique de Bénifontaine. Il apparaît à la lecture du Registre des contributions de la communauté de Bénifontaine que cette dernière ait dû payer une certaine somme pour rembourses ses dettes accumulées jusqu’alors.

Bénifontaine est un village qui au fil des siècles, n’a que peu évolué. Petite bourgade d’à peine 100 âmes au XVème siècle, de nos jours, village accueillant, prospère, dynamisé par ses quelques 300 habitants.

 

5.    La première guerre mondiale et ses lendemains

 

a.      L’occupation allemande

 

En Septembre 1915, 150.000 soldats allemands et britanniques se font face sur un front de plus de 20 kilomètres, à cheval sur les communes d’Hulluch, Lens, Loos-en-Gohelle, Auchy, Haisnes, La Bassée, Estaires et Lavantie.

Ce fut une allée et venue presque incessante de troupes allemandes montant en ligne ou revenant de la zone des  combats. Bénifontaine se trouvait située au cœur de la ligne des combats. Le village perdait peu à peu ses habitants, qui fuyaient. Le monument aux morts porte le nom de ceux qui furent frappés par représailles. Le village verra mourir 15 de ses habitants pour une population d’alors de 170 personnes.

La commune fut pendant 52 mois continuellement bombardée et occupée par les allemands.

 

b.      L’état des lieux

 

186 communes dont Bénifontaine, Hulluch, Douvrin et Wingles furent détruites. Les champs recouvrant obus, munitions, saignés par les tranchées, devinrent difficilement exploitables.

Bénifontaine a obtenu des indemnités de dommages de guerre de 3ème catégorie soit 146.930 francs.

 

c.       Vers une reconstruction

 

M. Debout Maurice ayant obtenu la majorité absolue fut proclamé Maire le 5 avril 1919. Bénifontaine, où tout n’est que ruines et désolations, va faire l’objet de dons de la part de diverses villes françaises mais aussi étrangères.

En 1924, la mairie était enfin reconstruite.

Le 3 août 1920, le Conseil Municipal décide de la construction du cimetière communal et le 17 juillet 1947 il décide de commencer les travaux d’agrandissement et d’embellissements du cimetière.

En 1929 la municipalité de Bénifontaine décide de remettre en état la chapelle et l’Abreuvoir.

Bénifontaine possédait autrefois une église qui fut détruite par les flamands au cous des guerres du XVème siècle. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, des travaux furent mis en œuvre pour redonner au village, déjà fortement éprouvé, « sa chapelle ». La nouvelle chapelle porterait désormais l’inscription « Saint Druon », elle fut inaugurée en 1931.

Le 20 août 1946, un projet de construction d’un Calvaire fut débattu et enfin adopté.

Un projet de reconstruction de l’école publique émis par le Maire M. Debout est soumis au Conseil Municipal lors de la séance du 10 décembre 1922.

Dès 1924, l’école, la mairie et le logement de l’institutrice étaient pourvus de l’éclairage et le 30 mars 1930, la municipalité décidait l’installation d’éclairage électrique dans les rues de la commune.

En 1930 Bénifontaine approuvait le projet intercommunal de distribution d’eau potable et de l’exploitation de ce service.

 

6.    Une commune dynamique

 

a.      La fosse 13 bis

 

La commune de Bénifontaine voit l’ouverture d’un nouveau puits d’aérage le 19 septembre 1908 : le n°13 bis portant le nom de Félix Bollaert. Profond de 331 mètres, le puits n°13 bis fut remblayé en 1958.

 

b.      Un milieu naturel et physique

 

Bénifontaine se situe dans la zone de transition entre l’Artois et la plaine humide de la Lys, plus précisément entre le versant septentrional du plateau de l’Artois entaillé par de multiples vallées dont celle du Flot de Wingles.

Mise à part l’emprise de l’aérodrome de Lens-Bénifontaine, l’ensemble du plateau est voué à l’agriculture.

 

c.       Le paysage

 

Pour l’essentiel, le paysage de Bénifontaine est dominé par l’agriculture. Le plateau est entaillé par la vallée du flot de Wingles dont le fond est individualisé par une vaste zone verte composée de boisements et de zones humides. La RD 39 et le flot de Wingles sont les deux axes structurant du paysage communal. La présence de l’eau a conditionné l’installation des hommes et des activités industrielles sur le versant de la vallée laissant à la culture les terres moins humides du plateau.

 

d.      Un espace boisé

 

La végétation potentielle de la commune est une forêt dominée par des essences telles que le chêne pédonculé, le charme et le frêne avec des éléments hydrophiles dans les secteurs humides de la vallée du Flot de Wingles. Le projet mis en place depuis 21000 est la création d’un circuit pédagogique de Bénifontaine visant à présenter les différentes espèces d’arbres qui s’y développent.

En se promenant dans Bénifontaine, on pourra trouver : des bouleaux, des noisetiers, des marronniers, des hêtres, des sapins, des frênes, des tilleuls, des cerisiers, des noisetiers, des pommiers, des peupliers sud-américain, des peupliers trembles et d’Italie, des aulnes glutineux, des érables planes et sycomores, des cornouillers sanguins, des ormes champêtres, des charmes, de l’Achillée millefeuille, de la Ronce bleue, de l’Ortie dioïque, de l’Armoise commune, le Millepertuis perforé,, des châtaigniers, des Prunelliers, des Orpins brûlants, des Carottes sauvages, de la Mercuriale annuelle, de l’Epervière piloselle, Du Panais cicutaire.

 

e.       Les équipements

 

Quelques entreprises de petites tailles animent le tissu économique communal. La commune dispose de structures sportives et de loisirs, une bibliothèque municipale, une salle polyvalente (rue Pasteur *) qui comprend un équipement informatique, une école de Karaté Kyokushinkaï, une école de BD, un aérodrome de Lens-Bénifontaine qui propose diverses activités notamment les baptèmes de l’air, la voltige acrobatique, le parachutisme et l’aéromodélisme.

 

f.       Une commune jumelée : Dudswell

 

En avril 1992, la municipalité présentait un projet de jumelage aux Bénifontainois en présence de représentants du Canada venus faire connaître leur village. Ainsi « l’Association de Jumelage Franco-Québecquoise de Bénifontaine-Dudswell » vit le jour.

La municipalité de Dudswell compte approximativement 1700 habitants, se déployant à travers tout son territoire, en campagne comme dans ses deux villages, Bishopton et Marbleton. La municipalité, née de la fusion du Canton de Dudswell et des municipalités de Bishopton et Marbleton, possède un très vaste territoire où l'on peut retrouver presque toutes les ressources générales.

 

 

*   Toutes les informations de cette page proviennent du livre "Bénifontaine d'hier et d'aujourd'hui ..."

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